Journal d’un presbyte débutant

Ce journal s’adresse à celles et ceux qui, comme moi, commencent à flirter avec les lunettes. Souvent on n’en a pas besoin, mais on voit bien (!) que ça pêche quand le texte est trop petit, pas question de l’approcher.

Je découvre les désagréments qui vont avec. Par exemple, le fait que les lunettes +1 ne soient pas chères est bien agréable, je suis très satisfait des Nooz car elles se glissent dans une poche. Mais le problème apparaît quand je veux faire quelque chose et, ô rage, je dois chercher mes lunettes, je ne les trouve pas forcément tout de suite, etc. Finalement, ce n’est pas tant le fait de porter des lunettes qui me gêne, c’est de compliquer certaines tâches. C’était bien quand mes yeux suffisaient…

Bref, si vous lisez ces lignes, je soupçonne que vous découvrez comme moi ce qui est gênant, qu’il y a des jours pires et des jours meilleurs. Alors je me dis que lorsqu’on en est encore à +1, on peut essayer de reculer un peu l’échéance, ou peut-être même trouver des habitudes qui amélioreront notre vue. C’est le petit challenge ! Et je défends une vision positive du vieillissement dans l’article suivant…

Pour cela, je propose la forme suivante : je décris de petites expériences faites au hasard des journées, qui s’appuient sur mes lectures concernant la méthode Bates ou Feldenkrais. Sous la forme d’un journal, elles me permettront de regarder l’évolution. J’espère que ces modestes réflexions feront de la place pour votre amélioration.

Vendredi 30 juillet 2021 :

Aujourd’hui je rame pour lire sans lunettes et j’ai 30 minutes d’attente devant moi. Alors je vais au soleil et j’ai un petit espoir : que la forte lumière, en fermant ma pupille et donc en augmentant la profondeur de champ, me permette de lire plus confortablement. Las, je rame toujours. J’essaie alors deux éléments de la méthode Bates :

  • mettre mon visage au soleil avec les paupières fermées, ce qui décontracte un peu les yeux,
  • ne pas plisser mon visage quand je regarde des surfaces très lumineuses.

Si la première partie était facile, la deuxième me faisait l’effet que la lumière me chatouillait (fort) les yeux et le cerveau, je vois bien que quelque chose cloche. Je m’y prends à plusieurs fois, pour me laisser le temps de m’adapter, et ça devient progressivement confortable. Ce qui me guide est le souhait que ça se détende, que la pupille puisse se fermer plus aisément et que mon système trouve naturel de voir des surfaces lumineuses (nota : je fais ça à Nancy, je ne suis pas sous le soleil violent des tropiques en pleine journée, donc pas d’inquiétude de me brûler la rétine !).

En retrouvant mon livre, les lettres sont devenues bien plus nettes et la lecture confortable. Petit succès pour le côté lumineux. Et puis je redescends dans un lieu plus sombre… les lunettes retrouvent le chemin de mon nez, je n’ai pas encore progressé à ce point !