Un nouveau cap

Je ne sais pas pour vous, mais je n’en peux plus d’être aussi sollicité par :

  • les réseaux sociaux,
  • les publicitaires,
  • les gens qui veulent me vendre des formations pour avoir une vie fantastique,
  • les journalistes qui ne cessent d’activer la sirène d’alarme pour qu’on les écoute,
  • et bien d’autres.

Voici quelques ressources pour faire face :

  • un plaidoyer pour réduire drastiquement notre usage des outils numériques : Digital Minimalism, par Cal Newport (l’original en anglais, la traduction en français),
  • quand Tristan Harris a constaté à quel point les industriels de la Silicon Valley avaient compris comment nous subjuguer avec les applis qui nous prennent autant de temps qu’elles le peuvent (voir par exemple le livre Hooked, par Nir Eyal), alors il a lancé un mouvement pour protéger nos esprits faillibles. L’idée est que la technologie doit nous faire du bien, donc que les concepteurs des outils doivent trouver un équilibre entre plaisir d’utilisation et risque d’addiction. Il a donc lancé un outil de promotion de la « technologie bienveillante » (en anglais, humane veut dire que l’on montre de la compassion et de la bienveillance). Vous retrouverez de nombreux documents et podcasts (en anglais) sur le site de référence : Center for Humane Technology.
  • de mon côté, je redécouvre les vertus des flux RSS ; si vous ne connaissez pas encore, je vous en dirai plus une autre fois, pour l’heure, je vous invite à vous demander comment vous vous tenez au courant des nouveautés sur les sujets que vous aimez bien. En ce qui me concerne, je me suis longtemps servi de Facebook comme d’un journal en m’abonnant aux publications de sources qui m’intéressent. Or les réseaux sociaux ont de nombreux travers, notamment qu’ils font en sorte que ce ne soit jamais fini, et qu’ils ont des rêves quant à la façon d’orienter notre attention. A ce sujet, voici un article récent qui montre une évolution de plus en plus effrayante de Facebook, mais je vous laisse juge. Pour en savoir un peu plus, c’est par ici.

Enfin, voici quelques habitudes qui fonctionnent pour moi et qui changent la donne :

  • j’avais l’habitude de commencer ma journée en faisant la tournée des messageries : téléphone, mail, réseaux sociaux, etc. Or ceci nous met dans une spirale où notre attention met tout ceci au premier plan, c’est le plus important du monde ; preuve en est que je commençais ma journée en me ruant sur ces petits objets, espérant recevoir une bonne surprise. Eh bien j’espère ne plus le faire, et c’est tout neuf mais depuis deux jours que je veille à mettre d’autres activités avant celles-ci, je me sens beaucoup plus paisible et capable de faire l’important.
  • comme (presque) tout le monde, j’ai tendance à commencer par ce qui est urgent, et encore mieux par ce qui est petit. Il est probable que je cherche la satisfaction de cocher mes petites cases en disant « C’est fait ». Sur la suggestion de Robin Sharma, qui n’est pas parfait mais qui énonce des propositions qui semblent efficaces, je réserve maintenant 90 minutes chaque matin pour m’occuper de l’essentiel. Le petit challenge est le suivant : pendant 90 jours, se focaliser pendant 90 minutes sur 1 chose essentielle. Que choisir comme tâche essentielle ? Robin Sharma propose d’imaginer que l’on peint la Chapelle Sixtine, que l’on accouche de quelque chose de beau et que c’est notre meilleure chance de donner du bon.
  • faut-il le préciser ? Pendant ces 90 min, on crée une jolie bulle de calme : pas de téléphone, pas de mail, pas de promenade sur internet, juste une tâche. On aura le reste de la journée pour papillonner et c’est bien agréable de le faire avec la sérénité de savoir qu’on a fait le plus important.

Donc voilà le nouveau cap : il m’éloigne des réseaux sociaux et me rapproche d’une vie plus paisible et plus nourrissante. Je croise les doigts pour que ces addictions ne s’agitent pas trop, mais un point clé pour que ce cap soit adopté est le plaisir. Si je me lève en serrant les dents à l’idée de ne pas regarder mon téléphone, ce n’est pas la même chose que de goûter à un petit déjeuner tout calme puis de constater que l’on a avancé en 90 min focalisées plus qu’en toute une journée atomisée.

Pouf, à bientôt 48 ans, je donne corps à des suggestions qui existent depuis longtemps et que je trouvais séduisantes depuis bien longtemps : est-ce Pascal ou Descartes qui affirmait qu’il écrivait le matin et que l’après-midi était dédié à des promenades pour aller admirer la Nature ? Quand Henri Poincaré faisait des mathématiques, il réservait le matin à des problèmes sérieux et l’après-midi à des maths plus faciles.

Voilà, c’est parti, je commence donc le 28 juillet, on va dire que je vise la Toussaint pour voir l’évolution.