La métaphore du thermomètre

Aujourd’hui je suis allé faire une IRM de la cheville, qui me fait souffrir depuis des années déjà. J’ai beau tester plein de choses, Feldenkrais, ostéopathie, fasciathérapie, BMC, semelles orthopédiques, que sais-je encore, les améliorations sont modestes et la dégradation semble suivre son cours.

Pour voir du positif dans la situation, je sens assez clairement la région et ses changements. Or des améliorations notables et quasi-instantanées coïncidaient avec des sensations d’un fluide agréable qui venait remplir ma jambe jusqu’au pied.

Hum, de quoi s’agit-il ? Quand certains parlent d’énergie ou autre, on n’en sait pas plus que lorsque je parle de fluide agréable. Mais le fait est que lorsque je sens ce fluide, je marche beaucoup mieux, et quand je sens que le fluide s’en va, je marche beaucoup moins bien.

Les années de natation, de Feldenkrais et les nombreuses séances d’ostéopathie me permettent aussi d’avoir des repères corporels assez riches ; ici, quand j’ai cette sensation de fluide, je remarque que ma posture toute entière change aussi.

D’où la question : si l’on constate que cette sensation de fluide coïncide avec plus de confort, faut-il :

  • se focaliser sur le pied et « pousser le fluide » comme si on cherchait à gonfler un ballon ?
  • ou bien utiliser cette sensation de fluide comme feedback et laiser l’organisme changer tout ce qui doit être changé, ce qui conduit à cette sensation ?

On arrive alors à une question bien plus vaste : quand on voit un symptôme, faut-il s’attaquer au symptôme localement ou bien le laisser tranquille et ne s’en servir que de repère, tandis que nous nous occupons d’une modification globale ? Rien de nouveau sous le soleil, plein de gens sérieux et profonds se sont posé la même question, et il y a évidemment des cas où il est judicieux de regarder localement et d’autres où il vaut mieux regarder globalement.

Pour situer les idées, proposons deux métaphores :

  • pour le local, quand on a renversé du café sur une table, un petit coup d’éponge et tout est rentré dans l’ordre, ce n’est pas la peine de ranger toute la maison pour régler cet ennui ;
  • inversement, si l’on regarde un thermomètre, il serait étrange de s’acharner sur l’aiguille parce qu’on a trop chaud. Un raisonnement qui semble ridicule ici est le suivant : puisque l’on a trop chaud à chaque fois que l’aiguille va vers les 30°C ou plus, alors si on pouvait repousser l’aiguille vers les 22°C, ça irait mieux. Petit jeu : trouver d’autres exemples où l’on fait la même bêtise ; c’est souvent plus facile de le remarquer chez d’autres…
Photo par Artur Solarz sur Unsplash

Pour plonger dans des abîmes de réflexion concernant toutes les fois où un problème se complique et nous dépasse, voici une petite vidéo…